Récemment, la Federal Trade Commission (FTC) a proposé une réglementation visant à interdire aux employeurs d'utiliser des clauses de non-concurrence. La FTC soutient que ces clauses tirent les salaires vers le bas, restreignent la mobilité des employés, freinent l'innovation et dissuadent les entrepreneurs de créer de nouvelles entreprises. Le principal argument de politique publique avancé par la FTC pour justifier cette réglementation est que les clauses de non-concurrence constituent une pratique concurrentielle déloyale. La réglementation proposée est actuellement soumise à consultation publique et n'est pas encore entrée en vigueur. Il est toutefois important que les employeurs et les entreprises suivent de près l'évolution de ce sujet. Les employeurs doivent également noter que certaines restrictions s'appliquent déjà aux clauses de non-concurrence et que celles-ci ne sont pas toujours applicables.
Qu'est-ce qu'une clause de non-concurrence ?
Une clause de non-concurrence est un accord qui empêche un salarié de concurrencer son employeur après la fin de son contrat de travail. Ainsi, un salarié peut être empêché de travailler pour un concurrent de son employeur ou de créer une entreprise similaire ou concurrente. Les clauses de non-concurrence interdisent généralement aussi aux salariés de divulguer ou d'utiliser les informations confidentielles de l'employeur, telles que les secrets commerciaux, une fois leur contrat de travail terminé. Une clause de non-concurrence peut faire l'objet d'un accord distinct ou être intégrée à un contrat de travail.
Les clauses de non-concurrence sont-elles toujours applicables ?
En résumé, la réponse est : « cela dépend ». Premièrement, l’employeur doit avoir un intérêt légitime à faire respecter une clause de non-concurrence. Deuxièmement, cette clause ne doit pas imposer de contraintes excessives au salarié. Troisièmement, elle ne doit pas enfreindre l’ordre public. Enfin, sa portée, sa durée et son périmètre géographique doivent être raisonnables. Il est important de noter que si ces règles sont généralement respectées, certains États imposent des restrictions supplémentaires quant à l’applicabilité des clauses de non-concurrence.
Quels sont les intérêts légitimes de l'employeur ?
En règle générale, un employeur impose une clause de non-concurrence à un employé susceptible d'utiliser les connaissances et informations obtenues auprès de l'employeur pour travailler dans une entreprise concurrente ou créer sa propre entreprise. Les intérêts légitimes de l'employeur peuvent également inclure la protection des secrets commerciaux, des fichiers clients et autres informations confidentielles. Par exemple, le propriétaire d'une clinique vétérinaire pourrait recourir à une clause de non-concurrence pour empêcher l'une de ses vétérinaires d'ouvrir sa propre clinique dans le même quartier, desservant ainsi la même clientèle.
Toutefois, les employeurs ne peuvent généralement pas imposer une clause de non-concurrence à l'ensemble de leurs employés sans tenir compte de leurs compétences et de leur poste. Par exemple, il serait difficile pour une chaîne de restauration rapide de faire valoir avec succès que tous ses employés, même ceux rémunérés au salaire minimum, doivent être liés par une clause de non-concurrence. Dans ce cas, l'employeur devrait prouver qu'il a un intérêt légitime à imposer une telle clause à ces employés.
Qu’est-ce qui est considéré comme une « contrainte excessive » pour un employé ?
On parle de contrainte excessive lorsqu'une clause de non-concurrence restreint gravement ou de manière déraisonnable la capacité d'un employé à trouver un emploi. Cette contrainte excessive est fréquente lorsqu'il n'existe aucun ou très peu d'employeurs potentiels pour l'employé. Par exemple, si un État ne compte qu'une poignée d'hôpitaux où une radiologue peut exercer sa spécialité, il peut s'avérer difficile de faire respecter une clause de non-concurrence à son encontre.
Comment une clause de non-concurrence peut-elle enfreindre l'ordre public ?
L'intérêt public est généralement en jeu dans les clauses de non-concurrence lorsqu'elles entraînent une limitation de services essentiels à la population. Par exemple, si un hôpital tente d'imposer une clause de non-concurrence à un médecin spécialisé dans une forme rare de traitement du cancer, cette clause pourrait être jugée inapplicable. En effet, la spécialité de ce médecin remplit une fonction importante pour le public, surtout s'il est le seul spécialiste de ce type de médecine dans la région concernée.
Quand la portée d'une clause de non-concurrence est-elle déraisonnable ?
Une clause de non-concurrence doit préciser la nature des tâches qu'un employé ne pourra pas effectuer pour un concurrent. Elle doit également préciser le type d'informations que l'employeur cherche à protéger. Une clause de non-concurrence qui interdit de manière générale à un employé d'effectuer toute tâche pour un concurrent risque d'être trop vague et inapplicable.
Quand la durée d'une clause de non-concurrence est-elle déraisonnable ?
La durée d'une clause de non-concurrence doit être raisonnablement liée à l'intérêt légitime que l'employeur cherche à protéger. Le tribunal examinera le délai nécessaire pour que le risque de préjudice pour l'employeur, lié à l'activité concurrente du salarié, soit raisonnablement atténué. Lorsque la clause de non-concurrence vise à protéger la relation client, sa durée est raisonnable si elle n'excède pas celle nécessaire à l'employeur pour recruter un nouveau salarié et pour que ce dernier ait une possibilité raisonnable de démontrer son efficacité auprès des clients. Par conséquent, une clause de non-concurrence à durée indéterminée serait vraisemblablement considérée comme abusive.
Quand une limitation géographique est-elle déraisonnable ?
Les limitations géographiques raisonnables correspondent généralement à la zone où l'ancien employé travaillait ou d'où provenaient ses clients. Une clause de non-concurrence comportant une restriction géographique trop large, englobant des zones où l'employeur n'exerce pas d'activité ou d'où ne provient pas sa clientèle, risque d'être inapplicable.
En quoi les États diffèrent-ils dans l'application des clauses de non-concurrence ?
Plusieurs États et juridictions, dont l'Oklahoma et le District de Columbia, imposent des restrictions très strictes à l'application des clauses de non-concurrence. La Californie, quant à elle, est l'État qui a le plus longtemps refusé d'appliquer ces clauses. Par conséquent, avant d'intégrer une clause de non-concurrence dans un contrat de travail ou de prestation de services, il est essentiel de consulter un avocat afin de déterminer si ce type d'accord est applicable dans votre juridiction.