Le Congrès a récemment adopté la loi sur la transparence des entreprises (CTA), qui obligera les sociétés à divulguer l'identité de leurs bénéficiaires effectifs au Réseau de lutte contre la criminalité financière (FinCEN) du département du Trésor américain. Bien que cette nouvelle réglementation n'entre en vigueur qu'en 2022, la CTA modifiera profondément les pratiques commerciales des entreprises privées.
Quelles sont les exigences de la CTA ?
Cette nouvelle législation impose aux entreprises de déclarer les personnes physiques qui détiennent 25 % ou plus du capital social ou qui agissent en tant que mandataires ou représentants de l'entreprise. Tout changement de propriétaire entraînera des obligations de déclaration supplémentaires. Les informations à déclarer comprennent le nom, la date de naissance, l'adresse et une pièce d'identité, telle qu'un passeport.
Bien que cette loi s'applique sans ambiguïté aux sociétés à responsabilité limitée et aux sociétés par actions, il reste à déterminer si les sociétés de personnes et les fiducies seront également soumises à cette réglementation. Les sociétés constituées avant l'adoption de ces nouvelles exigences en 2022 disposeront d'un délai plus long pour déposer leurs rapports initiaux que celles constituées après l'adoption de la loi.
Qui aura accès à ces dossiers et que se passera-t-il si je ne me conforme pas à la demande ?
Les informations communiquées seront mises à la disposition du gouvernement à des fins de maintien de l'ordre, de renseignement et de sécurité nationale. Les institutions financières pourront également y avoir accès à des fins de lutte contre le blanchiment d'argent.
Les entreprises qui ne respectent pas ces règles s'exposeront à de lourdes sanctions financières, et celles qui déposent de faux rapports risquent une peine d'emprisonnement. Le fait de ne pas déposer délibérément ces rapports peut également entraîner une peine d'emprisonnement.
Quel est l'objectif d'un CTA ?
L'objectif principal du Congrès en adoptant cette loi est de lutter contre le blanchiment d'argent. Le recours à des sociétés écrans pour détenir des biens immobiliers est une pratique courante dans les systèmes de blanchiment d'argent ; par conséquent, l'obligation pour les entreprises de déclarer les personnes physiques qui les possèdent et les contrôlent permettra aux forces de l'ordre de remonter jusqu'aux personnes physiques qui se cachent derrière une société écran.
L'adoption de la CTA a suscité de nombreuses critiques, mais des législations similaires gagnent en popularité à travers le monde et ont déjà été adoptées en Allemagne et dans certaines régions du Canada. Le Congrès craignait que, faute d'une action rapide, les États-Unis ne deviennent un refuge pour les acquéreurs immobiliers anonymes.
Bien que cette loi soit récente, de nombreux aspects liés à la transmission d'informations au FinCEN restent à préciser. Cependant, à mesure que l'adoption de la réglementation relative aux CTA approche, davantage d'informations seront disponibles concernant les personnes tenues de transmettre ces informations et les modalités de cette transmission.