Le Règlement fédéral des acquisitions (FAR) est la loi qui définit les politiques et procédures régissant l'exclusion et la suspension des entreprises par les agences fédérales. Il stipule que toutes les entreprises fédérales exclues, suspendues ou dont l'exclusion est proposée sont exclues de la possibilité de conclure des marchés, et que les agences ne peuvent ni solliciter d'offres auprès de ces entreprises, ni leur attribuer de marchés, ni consentir à des sous-traitances avec elles, sauf si le chef d'agence détermine qu'il existe un motif impérieux justifiant une telle mesure.
La suspension et l'exclusion sont des mesures discrétionnaires. Il s'agit donc de deux procédures distinctes. La suspension entraîne l'exclusion temporaire de la possibilité de solliciter et d'obtenir des marchés publics fédéraux ; l'exclusion, quant à elle, impose cette exclusion pour une durée déterminée, qui n'excède généralement pas trois ans. La suspension et l'exclusion s'appliquent à tous les éléments organisationnels du contractant et peuvent s'étendre à ses filiales, sauf décision contraire écrite du chef d'agence ou de son représentant.
Que se passe-t-il lorsqu'un entrepreneur est radié ou suspendu ?
Les entrepreneurs exclus, suspendus ou dont l'exclusion est proposée se voient également interdire :
- La conclusion de tout contrat de sous-traitance d'un montant supérieur à 35 000,00 $, sauf pour des articles disponibles dans le commerce et autres exclusions ;
- Passer des commandes dépassant le minimum garanti dans le cadre de contrats à quantité indéterminée ;
- Passer des commandes dans le cadre de contrats du Federal Supply Schedule, d'accords d'achat-cadres ou d'accords de commande de base ;
- Ajouter de nouveaux travaux ou prolonger la durée du contrat actuel, et ;
- Agissant à titre de cautions individuelles.
Quelle est la procédure de suspension ?
Un entrepreneur peut être suspendu s'il est soupçonné, preuves à l'appui, d'avoir commis : (1) une fraude ou une infraction pénale en lien avec l'obtention ou l'exécution d'un marché public ou d'un sous-contrat ; (2) un détournement de fonds, un vol, un faux, un acte de corruption, une falsification ou une destruction de documents, ou de fausses déclarations ; (3) toute autre infraction révélant un manque d'intégrité ou d'honnêteté professionnelle. Une mise en accusation pour l'un de ces motifs constitue une preuve suffisante de suspension.
L’entrepreneur et les sociétés affiliées désignées ont la possibilité, suite à l’imposition d’une suspension, de soumettre des informations s’opposant à cette suspension, et il incombe à l’entrepreneur de présenter rapidement des informations sur les mesures correctives qu’il a prises.
Toute suspension prononcée est temporaire et intervient dans l'attente de la conclusion de toute procédure judiciaire ultérieure. Si aucune procédure judiciaire n'est engagée dans les douze mois suivant la date de notification de la suspension, celle-ci est levée, sauf si un procureur général adjoint en demande la prolongation, auquel cas elle peut être prolongée de six mois supplémentaires. La durée de la suspension ne peut en aucun cas excéder dix-huit mois, sauf si une procédure judiciaire a été engagée durant cette période.
Quelle est la procédure d'exclusion ?
L'exclusion n'est prononcée qu'à l'issue de la procédure judiciaire engagée contre l'entrepreneur. Un entrepreneur peut être exclu pour les mêmes motifs que ceux prévus pour une suspension. Un avis d'exclusion envisagée est adressé à l'entrepreneur et à ses filiales concernées, selon les mêmes modalités qu'en cas de suspension.
Dans les procédures d'exclusion fondées sur une condamnation, la décision d'exclusion est également prise sur la base des informations figurant au dossier administratif. En l'absence de suspension, la décision est rendue dans un délai de 30 jours ouvrables suivant la réception des informations fournies par le contractant.
Si l'autorité compétente décide d'une exclusion, l'entrepreneur et ses filiales en seront informés sans délai, en précisant les motifs de l'exclusion et sa durée, y compris ses dates d'effet. Cette durée sera proportionnelle à la gravité du ou des motifs et n'excédera généralement pas trois ans. Si une suspension précède l'exclusion, la durée de la suspension sera prise en compte pour déterminer la durée de l'exclusion.
Puis-je faire appel d'une décision de suspension ou d'exclusion ?
La loi sur la procédure administrative prévoit qu'une juridiction de contrôle doit déclarer illégales et annuler les conclusions et décisions administratives jugées arbitraires, abusives, contraires au pouvoir discrétionnaire ou non conformes à la loi. Ce critère de contrôle est restrictif, car le pouvoir d'un juge de première instance est limité à déterminer si la décision administrative était rationnelle. La décision finale, quant à la légitimité de l'exclusion, relève du pouvoir discrétionnaire de l'organisme qui l'a prononcée. Lorsqu'elle est prise conformément à la loi et à la réglementation, cette décision mérite une grande déférence.