Un séquestre intervient lorsqu'un bien est détenu par un tiers jusqu'à la survenance d'un événement prédéterminé, auquel cas le tiers restitue le bien conformément aux instructions des parties à la transaction. Ainsi, un agent de séquestre est l'intermédiaire dépositaire qui assiste les parties à la transaction. Les séquestres servent à garantir que les parties à la transaction sous-jacente respectent leurs engagements. En raison de la grande confiance accordée aux agents de séquestre, ces derniers sont soumis à des exigences plus strictes que les particuliers. Les agents de séquestre ont des obligations fiduciaires auxquelles ils doivent se conformer, à savoir un devoir de diligence, un devoir d'impartialité, un devoir de loyauté et un devoir de transparence. Le devoir de diligence exige que l'agent de séquestre agisse comme une personne raisonnable le ferait dans les mêmes circonstances et qu'il protège le bien qui lui est confié comme s'il lui appartenait. Le devoir d'impartialité exige que l'agent de séquestre agisse avec équité et neutralité envers les mandants. Le devoir de loyauté exige que l'agent de séquestre agisse au mieux des intérêts des mandants. Enfin, l’obligation de divulgation complète exige que l’agent fiduciaire divulgue en temps opportun aux mandants toutes les informations importantes pour la transaction.
Il n'est pas rare qu'un avocat agisse comme agent fiduciaire. Toutefois, cela ne signifie pas qu'un avocat qui accepte des biens dans le cadre d'une transaction entre deux ou plusieurs autres parties agisse nécessairement comme agent fiduciaire pour cette transaction. Bien que la preuve de la responsabilité puisse être facilitée en présence d'un séquestre, cette option peut s'avérer impossible en l'absence d'une convention de séquestre valide et exécutoire. En effet, les parties à la transaction peuvent présumer que l'avocat auquel elles ont confié des biens est un agent fiduciaire pour cette transaction, alors que tel n'est pas le cas. Il est donc important de bien comprendre les conditions d'un séquestre valide avant de confier ses biens à un tiers.
En vertu de la loi floridienne, les conditions requises pour la création d'un compte séquestre valide sont très précises. Premièrement, la convention de séquestre doit être établie par écrit. Shultz contre Sun Bank/Naples, Amérique du Nord, 553 So. 2d 202 (Fla. 2d DCA 1989). Le contenu de l'écrit est tout aussi précis. À cet égard, pour constituer un séquestre exécutoire, il doit exister un instrument énonçant des conditions mutuellement avantageuses, acceptées par les deux parties, et communiqué à un tiers, qui ne doit pas être partie à la transaction, et déposé auprès de celui-ci. Smith contre Macbeth, 119 Fla 796 (1935). De plus, les fonds doivent être remis à un tiers, et ni le donateur ni le bénéficiaire ne doivent en avoir le contrôle à ce moment-là. Dans le cadre d'un séquestre, le bien est conservé par le dépositaire jusqu'à la réalisation d'une condition ou la survenance d'un événement déterminé, puis remis au bénéficiaire, au créancier ou au créancier garanti. Autrement dit, pour qu'un acte constitue un séquestre, il est nécessaire qu'une condition ait été stipulée et doive être remplie par les bénéficiaires.
De plus, lorsqu'une relation avocat-client existe, la règle est de protéger cette relation plutôt que de créer une obligation fiduciaire envers un tiers qui entrerait en conflit avec cette relation. Ainsi, bien qu'un avocat puisse agir à la fois comme avocat et comme agent fiduciaire dans une même transaction, l'intention expresse et claire de créer une convention de séquestre est indispensable pour qu'un tel séquestre soit effectivement constitué.