Aux États-Unis, le recours aux stagiaires, rémunérés ou non, est une pratique courante qui présente des avantages concrets tant pour les employeurs que pour les étudiants. Toutefois, la loi américaine sur les normes équitables du travail (Fair Labor Standards Act, FLSA) impose à tous les employeurs à but lucratif de rémunérer leurs employés. Par conséquent, le ministère du Travail a établi des directives permettant aux entreprises d'embaucher des stagiaires non rémunérés sans enfreindre la FLSA. Ainsi, toute entreprise souhaitant recruter des stagiaires non rémunérés doit s'assurer au préalable de respecter les critères définis par le ministère du Travail.
Qu’est-ce que le test du bénéficiaire principal ?
En 2018, le ministère du Travail a instauré le test du bénéficiaire principal afin de déterminer la légalité du recours à des stagiaires non rémunérés au regard du droit fédéral du travail. Ce test comporte sept critères qui, bien que généraux et subjectifs, doivent être respectés par toute entreprise souhaitant recruter des stagiaires non rémunérés.
Le premier critère du test du bénéficiaire principal exige que le stagiaire et l'employeur comprennent clairement qu'aucune rémunération n'est attendue. Toute promesse de rémunération, expresse ou tacite, laisserait entendre que le stagiaire est un salarié.
Deuxièmement, la formation reçue par le stagiaire au cours de son stage doit être équivalente à celle qu'il recevrait dans un cadre éducatif. Par conséquent, les tâches qui lui seront confiées doivent refléter la formation qu'il suit dans son établissement d'enseignement supérieur ou tout autre programme accrédité.
Troisièmement, le stage doit être lié au programme d'études du stagiaire. Cela peut se faire par le biais de cours intégrés, qui combinent les connaissances théoriques acquises en salle de classe avec des expériences pratiques, ou par l'obtention de crédits universitaires. Cette dernière option est particulièrement prisée des étudiants, de nombreux cursus proposant des crédits équivalents à des cours pour le travail effectué en stage.
Quatrièmement, le stage doit être compatible avec les obligations universitaires du stagiaire. C'est pourquoi la plupart des stages destinés aux étudiants sont organisés en fonction du calendrier universitaire. Les stagiaires travaillent généralement pendant la durée d'un ou plusieurs semestres universitaires, soit seize semaines en moyenne.
Cinquièmement, la durée du stage doit être limitée à la période durant laquelle il apporte un apprentissage utile au stagiaire. Compte tenu du lien entre les stages et les programmes d'études, le ministère du Travail a veillé à ce que les stagiaires ne soient pas maintenus en poste indéfiniment comme travailleurs non rémunérés par les entreprises. Ainsi, dès lors que le stagiaire ne tire plus aucun avantage pratique de son immersion dans un environnement de travail spécifique, le stage doit prendre fin.
Sixièmement, le travail effectué par un stagiaire doit compléter, et non remplacer, celui des employés rémunérés, tout en lui apportant un enrichissement pédagogique significatif. Par cette exigence, le ministère du Travail cherche à garantir que les employeurs n'abusent pas de la disponibilité de stagiaires non rémunérés pour remplacer leurs employés. N'étant pas des employés, les stagiaires ne peuvent être affectés à des tâches habituellement dévolues aux salariés, mais doivent se consacrer à des missions d'assistance et de complémentarité avec le travail des employés.
Enfin, il est essentiel que le stagiaire et l'employeur comprennent que le stage se déroule sans droit à un emploi rémunéré à son terme. Afin d'éviter toute situation délicate, les contrats de stage non rémunérés comportent généralement une clause précisant que le stage est à durée déterminée et qu'il n'entraîne aucune promesse ni obligation future.
Un contrat est-il nécessaire pour un stage non rémunéré ?
Bien qu'aucun contrat de stage ne soit obligatoire, il est fortement recommandé afin de protéger les droits des employeurs et des stagiaires. Chaque contrat de stage doit mentionner explicitement les sept critères du Test du Bénéficiaire Principal et expliquer en quoi les tâches et responsabilités du stagiaire correspondent à ces critères. Omettre l'un de ces critères peut entraîner des complications ultérieures, par exemple si un ancien stagiaire prétend que son travail était celui d'un salarié ou qu'une promesse d'embauche lui avait été faite à l'issue du stage. Dans les deux cas, il serait alors considéré comme un salarié et aurait droit à une rémunération adéquate.