Les dommages-intérêts forfaitaires sont une forme d'indemnisation accordée par un tribunal à une partie lésée suite à un manquement contractuel de l'autre partie. Une clause de dommages-intérêts forfaitaires prévoit généralement un montant déterminé par les deux parties lors de la conclusion du contrat. Ce montant sera versé à la partie lésée à titre de réparation en cas de manquement spécifique. Les parties à un contrat ont recours aux dommages-intérêts forfaitaires lorsque la nature du préjudice est difficile à prouver. Même si la preuve du préjudice peut s'avérer complexe, la partie non fautive qui souhaite obtenir des dommages-intérêts forfaitaires doit néanmoins apporter la preuve du préjudice subi. La partie non fautive est en droit de recouvrer le montant prédéterminé si l'autre partie manque à ses obligations contractuelles.
Pourquoi les dommages-intérêts forfaitaires ne sont-ils pas toujours exécutoires ?
Il existe une exception où les dommages-intérêts forfaitaires ne sont pas appliqués. Cette exception s'applique lorsque la partie défaillante peut démontrer que la clause de dommages-intérêts forfaitaires a été incluse uniquement à titre de sanction pour non-respect des obligations contractuelles, et non conformément à sa finalité première, qui est de couvrir les préjudices difficiles à prouver.
Alors, la question devient :
Qu’est-ce qui rend une clause de dommages-intérêts forfaitaires applicable ? Qu’est-ce qui en fait une clause pénale ?
Les tribunaux appliquent un critère pour déterminer si une clause de dommages-intérêts forfaitaires sera maintenue et non invalidée comme clause pénale. Premièrement, au moment de la signature du contrat, les parties ne doivent avoir aucun moyen de connaître les dommages susceptibles d'être subis en cas de manquement. Un moyen de défense fréquemment invoqué pour empêcher l'application de la clause de dommages-intérêts forfaitaires est que les dommages réels que la partie non fautive pourrait subir étaient effectivement déterminables au moment de la formation du contrat. Deuxièmement, le montant prédéterminé de la clause de dommages-intérêts forfaitaires ne doit pas être manifestement disproportionné aux dommages raisonnablement prévisibles du type de manquement, au point de laisser penser que les parties n'ont pu avoir l'intention que d'obtenir l'exécution intégrale du contrat, plutôt que de liquider leurs dommages. Autrement dit, le montant prédéterminé doit être raisonnablement prévisible en cas de manquement spécifique. Un moyen de défense fréquent contre ce critère est que les dommages sont « choquants pour la conscience » du tribunal. C'est le cas lorsque la clause de dommages-intérêts forfaitaires est trop disproportionnée par rapport à la valeur réelle du contrat.
Autres moyens de défense et arguments contre l'applicabilité
Un autre moyen de défense fréquemment invoqué pour empêcher le tribunal d'appliquer la clause de dommages-intérêts forfaitaires est la contribution de la partie non fautive au manquement de l'autre partie. Par exemple, dans un contrat de construction où le maître d'ouvrage et l'entrepreneur partagent une part de responsabilité dans le retard d'exécution, le maître d'ouvrage ne peut exiger le paiement de dommages-intérêts forfaitaires journaliers pour ce retard.
Conclusion
Une clause de dommages-intérêts forfaitaires est un outil précieux pour se protéger contre les préjudices difficiles à prouver. Toutefois, cette clause doit être rédigée avec soin afin d'éviter toute interprétation abusive et de garantir son applicabilité à un large éventail de situations. Par ailleurs, si vous concluez un contrat comportant une telle clause, il est important d'examiner attentivement l'impact que ces circonstances peuvent avoir sur votre capacité à obtenir réparation.