Qu’est-ce que l’assurance interruption d’activité ?
L'assurance perte d'exploitation est déclenchée lorsqu'un sinistre entraîne une suspension ou une réduction de l'activité commerciale. Cette assurance vise à rétablir l'assuré dans la situation qui aurait été la sienne si l'activité s'était poursuivie normalement, en couvrant les dépenses et les pertes de revenus subies.
Ce type de couverture peut figurer dans certaines polices d'assurance multirisques professionnelles, sous la rubrique « Garantie des biens ». Toutefois, de nombreuses clauses excluent ou limitent la couverture. De plus, même si une disposition n'est pas exclue, elle peut être plafonnée par un montant ou une date limite.
Il existe deux types de « causes de sinistre couvertes » : les « risques spécifiques » expressément mentionnés comme couverts et les « causes non exclues ». Les compagnies d’assurance indemnisent les pertes matérielles ou les dommages causés aux biens par une cause de sinistre couverte. Les termes du contrat sont interprétés dans le contexte de l’ensemble du contrat ; les tribunaux ont généralement tendance à interpréter les clauses du contrat de manière extensive, en faveur de la couverture, et les exclusions de manière restrictive, en faveur de l’assuré.
Couvertures applicables aux demandes d'indemnisation pour interruption d'activité
Les principales garanties applicables en cas de sinistre pour interruption d'activité comprennent la perte d'exploitation, les frais supplémentaires, l'interruption d'activité indirecte et les mesures prises par les autorités civiles. La perte d'exploitation correspond au revenu net qui aurait été perçu ou engagé si l'entreprise avait maintenu son activité normale. Les frais supplémentaires sont les dépenses nécessaires engagées qui n'auraient normalement pas été nécessaires en l'absence de perte ou de dommage matériel direct. L'interruption d'activité indirecte correspond à la perte de revenu net causée par l'interruption d'activité des fournisseurs ou des clients. Enfin, les mesures prises par les autorités civiles couvrent la perte de revenu et les frais supplémentaires engagés suite à une décision du comté, de l'État ou du gouvernement fédéral restreignant l'accès à la propriété en raison de son état dangereux.
Pandémie de COVID-19
La question qui se pose aujourd'hui à la plupart des entreprises est de savoir si la pandémie de COVID-19 a causé un dommage matériel direct à leurs biens assurés. Les assureurs appliquent des clauses d'exclusion qui les empêchent de couvrir les pertes, dommages et maladies causés par un virus, un micro-organisme, la pollution, une maladie contagieuse ou une décision des autorités civiles. Ainsi, les polices d'assurance perte d'exploitation ne visent pas à couvrir les maladies contagieuses telles que la COVID-19 ; et les compagnies d'assurance maintiennent que ces polices ne couvrent pas ce type de maladie. En conséquence, le Congrès et sept États ont présenté des projets de loi visant à contourner ces exclusions. Toutefois, les États ne peuvent pas outrepasser la clause relative aux contrats de la Constitution, sauf si le contrat contrevient à l'ordre public.
Processus et calcul des demandes d'indemnisation pour interruption d'activité
La procédure de déclaration de sinistre est la suivante. L'assuré doit tout d'abord informer la compagnie d'assurance de tout sinistre potentiel ; à défaut, sa demande risque d'être rejetée. La compagnie d'assurance émettra alors un accusé de réception et lancera une enquête. Il incombe à l'assuré de fournir les justificatifs des dépenses et des pertes. Les assurés doivent respecter la règle de la chaîne, selon laquelle le sinistre doit établir un lien de causalité entre le dommage matériel et le manque à gagner. Par exemple, pour un risque couvert par la police d'assurance et ne comportant aucune exclusion, cela inclut : les causes du dommage matériel, l'interruption d'activité, la perte de revenus ou les frais supplémentaires, ainsi que la couverture prévue par la police pour le préjudice subi pendant la période d'indemnisation.
Ces calculs peuvent être effectués selon l'approche du bénéfice net ou celle du résultat brut. L'approche du bénéfice net prend en compte le résultat net avant impôt qui aurait été réalisé, auquel s'ajoutent les coûts récurrents et les charges exceptionnelles. L'approche du résultat brut considère la différence entre la baisse du chiffre d'affaires brut et la perte non récurrente, majorée des charges exceptionnelles. Pour effectuer le calcul, il convient d'abord d'identifier le risque, puis de déterminer quels biens et/ou services ne peuvent plus être vendus ou produits de ce fait.
Les documents pertinents dont vous aurez besoin pour votre réclamation comprennent, sans toutefois s'y limiter :
- Les états financiers ;
- Les déclarations de revenus ;
- États des résultats avant/après perte
- Projets budgétaires avant/après perte
- rapports de paie quotidiens
- Rapports de produits
- Rapports d'information client
- Commandes et/ou expéditions annulées
- Factures pour frais supplémentaires
Pour cerner le risque, il est impératif de distinguer les coûts permanents des coûts non permanents. Les coûts permanents ne sont pas affectés par les fluctuations des ventes ou des produits (par exemple, les loyers, les emprunts hypothécaires, l'amortissement, les intérêts, les assurances, les impôts, les salaires et la masse salariale). Les coûts non permanents sont ceux qui ont été évités mais qui auraient été engagés si l'activité s'était poursuivie normalement. Ces coûts doivent être déduits du manque à gagner (par exemple, les matières premières et les fournisseurs de services, le coût des marchandises vendues, le marketing, les charges sociales et les frais de fonctionnement).
Prenons l'exemple suivant:
- Revenu net qui aurait été perçu : 20 000,00 $
- Frais d'exploitation courants : 17 500,00 $
- Frais supplémentaires : 10 000,00 $
- Montant total de la réclamation : 47 500,00 $
Une compagnie d'assurance se réserve le droit de refuser une demande d'indemnisation. Si aucun accord amiable n'est trouvé, elle émettra une lettre de refus de prise en charge. L'assuré peut alors intenter une action pour rupture de contrat ou pour mauvaise foi. Pour obtenir gain de cause dans une demande d'indemnisation pour interruption d'activité, il est conseillé de ne pas mélanger les frais liés à l'assurance avec les dépenses courantes et de fournir des justificatifs suffisants, notamment par une analyse des pertes de revenus et la conservation des documents.