Un fiduciaire est une personne physique ou morale qui détient le titre légal d'un bien au profit d'une autre et agit conformément aux termes de la fiducie.
La comptabilité d'une fiducie est un document détaillé qui comprend des informations sur tous les revenus et dépenses d'une fiducie. La loi de Floride exige que le fiduciaire tienne les bénéficiaires d'une fiducie raisonnablement informés de la fiducie et de son administration. Ceci impose au fiduciaire une obligation fiduciaire de fournir annuellement une comptabilité de la fiducie à chaque bénéficiaire qualifié d'une fiducie irrévocable. Une comptabilité de fiducie doit comprendre :
- Déclarations identifiant la fiducie, le fiduciaire et la période couverte par la comptabilité,
- Transactions importantes en espèces et en biens ayant affecté l'administration de la fiducie au cours de la période comptable,
- Impôts payés, versements effectués aux bénéficiaires de la fiducie, et gains et pertes sur les actifs de la fiducie,
- Les opérations importantes qui n'affectent pas le montant dont le fiduciaire est responsable, notamment les changements de nom des placements, les ajustements de la valeur comptable, un changement d'établissement dépositaire et les fractionnements d'actions,
- Valeurs d'acquisition et valeurs actuelles des actifs fiduciaires susceptibles d'évaluation,
- Les honoraires et frais versés aux conseillers du fiduciaire, tels que les avocats, les experts-comptables et les conseillers financiers, et
- Rémunération et remboursements de frais versés au fiduciaire
Des litiges peuvent survenir concernant la reddition de comptes d'un fiduciaire, notamment en cas de manquement à cette obligation ou de désaccords sur la répartition des biens tels qu'ils sont inscrits dans un acte de fiducie. Dans de telles circonstances, un bénéficiaire contestataire peut intenter une action pour manquement à ses obligations fiduciaires.
Une action pour abus de confiance comporte le risque que le bénéficiaire contestataire soit tenu de payer les honoraires et frais d'avocat si sa demande est rejetée. De plus, le droit floridien autorise un fiduciaire à utiliser les actifs de la fiducie pour couvrir les honoraires et frais d'avocat liés à l'administration de celle-ci. Il se pourrait donc que le fiduciaire puise dans les actifs de la fiducie pour régler les coûts associés au litige, réduisant ainsi la part du bénéficiaire dans ces honoraires et frais.
Recours en cas de non-responsabilisation
Le défaut de rendre des comptes constitue un manquement au devoir fiduciaire. Le Code des fiducies de Floride prévoit des recours, notamment :
- destituer le fiduciaire,
- réduire ou refuser la rémunération du fiduciaire,
- exigeant du fiduciaire qu'il rembourse de l'argent à la fiducie ou
- rétablir les biens dans le fonds fiduciaire par d'autres moyens ou par toute autre mesure que le tribunal jugera appropriée.
Moyens de défense en cas de non-responsabilisation
Consentement, libération ou ratification
Un fiduciaire peut invoquer un moyen de défense valable si le manquement résulte d'une opération à laquelle le bénéficiaire a consenti, qu'il a ratifiée ou qui l'a libéré de toute responsabilité. Toutefois, les bénéficiaires doivent avoir connaissance de tous les faits pertinents relatifs à l'opération et le consentement, la libération ou la ratification ne peuvent être obtenus par une conduite inappropriée du fiduciaire.
Renonciation
Un fiduciaire peut invoquer un moyen de défense valable si un bénéficiaire qualifié a renoncé à son obligation de rendre des comptes. Ce bénéficiaire peut retirer sa renonciation. Toute renonciation, ainsi que son retrait, doit être faite par écrit. Le retrait d'une renonciation antérieure n'est valable que pour les redditions de comptes relatives aux périodes futures.
Délai de prescription
Délai de prescription de 4 ans pour les comptes rendus :
Une fois que le fiduciaire a remis aux bénéficiaires une comptabilité détaillée, le délai de prescription de quatre ans pour manquement à l'obligation fiduciaire commence à courir. Si la comptabilité ne révèle pas tous les éléments importants, le délai de prescription ne court pas pour les éléments non divulgués. Cependant, si le bénéficiaire avait connaissance effective d'un élément insuffisamment divulgué, ou s'il a eu connaissance, de fait ou présumée, d'un manquement du fiduciaire à ses obligations fiduciaires, le délai de prescription de quatre ans l'empêchera d'intenter une action. La « connaissance » doit être prouvée par des éléments de preuve clairs et convaincants.
Si un bénéficiaire n'a jamais reçu de compte rendu, ses droits ne peuvent être rejetés en Floride qu'après la plus tardive des dates suivantes :
- dix ans à compter de la date de dissolution de la fiducie, de la démission du fiduciaire ou de la fin de la relation fiduciaire (à condition que le bénéficiaire ait effectivement eu connaissance de l’existence de la fiducie et de son statut de bénéficiaire pendant ces dix années) ;
- vingt ans après la date d'un acte ou d'une omission du fiduciaire (à condition que le bénéficiaire ait effectivement eu connaissance de l'existence de la fiducie et de son statut de bénéficiaire pendant ces vingt ans); ou
- Quarante ans après la dissolution de la fiducie, la démission du fiduciaire ou la fin de la relation fiduciaire.
Répudiation de la confiance
Le délai de prescription de quatre ans peut également être déclenché par la répudiation d'une fiducie. Si un bénéficiaire sait qu'un fiduciaire n'a pas rendu de comptes depuis plusieurs années, cela ne suffit pas à déclencher le délai de prescription, car la simple connaissance d'un manquement n'est pas considérée comme une répudiation de la fiducie. Cependant, si le bénéficiaire exige des comptes et que le fiduciaire refuse, cela peut valoir au bénéficiaire la reconnaissance d'une répudiation de la fiducie par le fiduciaire, déclenchant ainsi le délai de prescription de quatre ans.
Délai de prescription de 6 mois avec un « avis de limitation »
En vertu du Code des fiducies de Floride, un fiduciaire peut désormais réduire le délai standard de quatre ans en adressant aux bénéficiaires un « avis de prescription » au moment de la reddition des comptes. Cet avis informe les bénéficiaires qu'une action intentée par un bénéficiaire contre le fiduciaire pour tout élément dûment divulgué dans les comptes peut être irrecevable si elle n'est pas engagée dans les six mois suivant la réception desdits comptes.
Toutefois, si un fiduciaire fournit un « document de divulgation de fiducie » à un bénéficiaire et que ce document fournit suffisamment d'informations pour que le bénéficiaire ait connaissance d'une réclamation ou aurait raisonnablement dû s'enquérir de l'existence d'une réclamation, cela peut également déclencher le délai de prescription ou le délai de prescription plus court de six mois s'il est accompagné d'un « avis de prescription ».