L'Université d'État de l'Ohio (OSU) a réalisé ce que beaucoup considéraient comme impossible : elle a déposé la marque « THE ». Ce mot est universellement utilisé et est sans doute le déterminant le plus célèbre de la langue anglaise. Le dictionnaire Oxford le définit comme « utilisé pour introduire une proposition ou un groupe de mots qui suit et qui qualifie ou définit ». Quel impact le dépôt de la marque « THE » par l'OSU aura-t-il sur l'utilisation de cet article de trois lettres par d'autres, que ce soit dans le langage courant ou dans le commerce ?
Qu'est-ce qu'une marque déposée?
Une marque protège le mot, le nom, le logo et/ou le symbole distinctif d'une personne ou d'une entité, utilisé pour identifier et distinguer ses biens ou services. Elle est essentielle au marketing et aux relations publiques des biens, services et de l'image de marque d'une entreprise ; en particulier, elle symbolise la notoriété et la réputation de l'entité associée. L'utilisation d'une marque par d'autres entreprises, entités ou personnes est interdite dans le cadre de la vente de ses biens ou services. Toute utilisation non autorisée d'une marque constitue une contrefaçon et expose l'utilisateur à des poursuites judiciaires.
Quels biens ou services sont protégés par la marque « THE » ?
L'Université d'État de l'Ohio a déposé la marque « THE » pour la vente de produits dérivés sportifs. Cette démarche a suscité une vive polémique, l'Office américain des brevets et des marques (USPTO) ayant rejeté la demande d'enregistrement de la marque « THE » déposée par le détaillant de mode Marc Jacobs. L'USPTO a justifié son refus en 2019 en jugeant le terme « THE » « ornemental » et « décoratif ».
Quelles conséquences cela a-t-il pour les autres écoles qui souhaitent utiliser « THE » ?
Cette nouvelle marque déposée pourrait poser problème à d'autres établissements scolaires souhaitant utiliser l'article « THE » sur leurs produits dérivés sportifs ou universitaires. Plusieurs universités utilisent déjà une variante de « THE » dans leur dénomination. De l'Université Johns Hopkins à l'Université Carnegie Mellon, les universités, les écoles supérieures et autres institutions similaires pourraient faire l'objet de poursuites pour contrefaçon de marque suite à cette décision de l'USPTO.
Ces établissements pourraient devoir verser des redevances à l'OSU, renoncer à l'article « THE » dans leur nom, ou négocier un accord de coexistence. Ce dernier est particulièrement avantageux car il permet à différentes entités d'utiliser la même marque, sous réserve de l'accord des deux institutions concernées.
Comment cette marque déposée pourrait-elle entraîner des poursuites judiciaires inutiles à l'avenir ?
Cette décision pourrait entraîner de nombreux procès inutiles intentés par l'OSU contre d'autres institutions utilisant le terme « THE ». Si d'autres entités utilisaient ce terme sur leurs produits dérivés ou dans un contexte commercial susceptible d'induire les consommateurs en erreur, l'OSU pourrait se retrouver en situation de contrefaçon de marque. Par conséquent, en revendiquant l'usage exclusif de « THE » pour les produits dérivés sportifs et universitaires, l'OSU risque de provoquer une avalanche de poursuites pour contrefaçon de marque.