Quand peut-on obtenir le remboursement des honoraires d'avocat ?
Lors de la rédaction d'un contrat, on pense généralement qu'inclure les éléments essentiels relatifs à l'accord et quelques clauses juridiques standard suffira. Cependant, la plupart des gens préfèrent ne pas envisager la possibilité d'un problème contractuel et d'une éventuelle action en justice pour faire respecter les obligations contractuelles ou obtenir réparation en cas de rupture de contrat. Ce manque de prévoyance peut parfois entraîner la perte d'une compensation importante.
Peut-on réclamer le remboursement des frais d'avocat ?
La réponse courte est non, mais l'affaire Fidelity c. Americaribe porte sur l'attribution des honoraires d'avocat dans le cadre d'un contrat. Initialement, Americaribe avait conclu un contrat de sous-traitance avec la société CPM. Ce contrat comportait une clause, l'article 9.5, prévoyant le recouvrement des honoraires d'avocat au titre d'une clause d'indemnisation, mais aucune disposition générale n'encadrait l'exécution du contrat de sous-traitance par l'une ou l'autre des parties. Dans le cadre de cet accord de sous-traitance, Americaribe a exigé de Fidelity la signature d'une garantie de bonne exécution. Cette garantie intégrait le contrat de sous-traitance, mais ne contenait aucune clause relative aux honoraires d'avocat. Suite au manquement de CPM à ses obligations, Fidelity a choisi de confier l'achèvement des travaux à une autre entreprise.
Americaribe a affirmé que cela contrevenait à son contrat de garantie de bonne exécution, car elle n'avait pas été informée du choix de Fidelity de sous-traiter à une autre entreprise et n'avait pas obtenu son autorisation, contrairement aux termes dudit contrat. Dans le cadre de ce litige, Fidelity a soutenu avoir droit au remboursement de ses frais d'avocat au titre de la clause d'indemnisation du contrat de sous-traitance, arguant qu'elle s'était substituée à CPM. Le tribunal de première instance a initialement fait droit à cette demande et a accordé 154 536 $ au titre des frais d'avocat. Toutefois, en appel, la cour a réexaminé le contrat et a statué que les contrats relatifs aux frais d'avocat doivent stipuler sans ambiguïté que la partie gagnante y a droit. De plus, elle a précisé qu'une clause d'indemnisation ne devait pas être interprétée comme accordant le remboursement des frais d'avocat aux parties contractantes, mais plutôt à un tiers lésé par le contrat. En conséquence, la décision du tribunal de première instance accordant 154 536 $ a été infirmée.
La leçon à tirer de cette affaire est qu'il convient d'utiliser un langage clair et sans ambiguïté lors de la rédaction de tous les contrats. De plus, tout contrat rédigé doit impérativement inclure une clause relative à l'attribution des honoraires d'avocat. Le tribunal ne se référera pas à la loi, car aucune disposition législative ne prévoit d'attribution arbitraire d'honoraires, à l'exception de l'article 57.105 cité dans la décision, lequel s'applique principalement aux actions abusives.