L’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) s’est rapidement intensifiée, sa sophistication croissante et sa capacité à générer du contenu à un rythme sans précédent soulevant des questions cruciales concernant la propriété intellectuelle, la contrefaçon et l’utilisation équitable. Nous présentons ci-dessous quelques-unes des principales problématiques liées à l’essor de l’IA.
Un débat central porte sur la possibilité pour les entreprises spécialisées en IA d'utiliser des œuvres protégées par le droit d'auteur pour entraîner leurs systèmes. L'intelligence artificielle, fonctionnant comme un cerveau humain, nécessite d'immenses quantités d'informations pour développer son contenu. Ceci soulève des inquiétudes quant à l'utilisation de documents protégés par le droit d'auteur, tels que des livres, des articles, des images et de la musique, à des fins d'entraînement. Une telle utilisation peut constituer une violation du droit d'auteur, qui se produit lorsqu'une personne copie, partage ou modifie une œuvre protégée sans autorisation.
L'affaire de Thomson Reuters contre ROSS Intelligence L'affaire Thomson Reuters illustre ce point : elle a poursuivi ROSS Intelligence pour avoir utilisé les « résumés et chiffres clés » de Westlaw afin d'entraîner son intelligence artificielle, invoquant la contrefaçon. ROSS a invoqué l'exception de « fair use » (utilisation équitable) pour justifier l'utilisation du contenu de Westlaw par son système. Le fair use est une doctrine juridique qui autorise l'utilisation limitée de matériel protégé par le droit d'auteur sans autorisation, notamment à des fins de critique, de commentaire, de reportage, d'enseignement, d'érudition ou de recherche. La cour, dans l'affaire Thomson Reuters, a statué que le droit d'auteur était fondé sur le fair use. Thomson Reuters contre ROSS Intelligence Le tribunal a conclu que l'utilisation faite par Ross n'était pas transformative et ne relevait pas des usages autorisés par le droit de citation. Il a donc rejeté l'argument de Ross fondé sur le droit de citation.
Une autre question importante concerne la paternité des œuvres : à qui appartiennent les œuvres générées par l’IA ? La loi américaine sur le droit d’auteur exige une intervention humaine pour leur protection. Les œuvres créées exclusivement par l’intelligence artificielle sont considérées comme appartenant au domaine public. Si un utilisateur fournit des instructions spécifiques, le niveau de créativité humaine peut déterminer la propriété. Cependant, sans contribution humaine substantielle, le contenu généré par l’IA n’est pas protégé par le droit d’auteur. Cette distinction est cruciale à mesure que les outils d’intelligence artificielle deviennent plus autonomes.https://copyright.gov/ai/)
La question des « deepfakes » a également émergé. Les deepfakes sont des vidéos, des photos ou des enregistrements vocaux générés par l'IA qui manipulent l'apparence ou la voix d'une personne. Ils soulèvent de graves préoccupations en matière de vie privée, de diffamation et de réputation. Bien que certains deepfakes soient utilisés à des fins de divertissement, ils peuvent causer des dommages importants. Par exemple, l'actrice hollywoodienne Scarlett Johansson s'est récemment insurgée contre l'utilisation abusive de son image dans une vidéo deepfake. Cet incident, où son image a été manipulée dans une vidéo utilisée pour promouvoir certaines opinions, souligne le potentiel de l'intelligence artificielle à être utilisée de manière à violer les droits individuels et à créer de la désinformation nuisible. Cet incident, parmi tant d'autres, a soulevé des inquiétudes quant à la nécessité de réglementer l'utilisation de l'IA et des deepfakes.https://www.bbc.com/news/articles/c0qwkdlxgxno)
Le gouvernement américain s'attaque désormais à ces défis. Le groupe de travail sur l'IA de la Chambre des représentants, la sous-commission de la propriété intellectuelle du Comité judiciaire de la Chambre, la sous-commission de la propriété intellectuelle du Comité judiciaire du Sénat et le groupe de travail sur l'IA du Sénat organisent des auditions sur les questions d'intelligence artificielle, en promouvant la transparence et la responsabilité. Des projets de loi visant à promouvoir l'équité et à réviser les cadres de formation des IA sont également en cours d'examen. Ces efforts ont pour objectif de concilier innovation et droits de propriété intellectuelle dans le paysage en constante évolution de l'intelligence artificielle.
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